Petites brèves de garce #08 : La meuf enceinte qui boit

Des fois j’aime bien « langue-de-puter »… Hier en soirée alors que je papotais ma pote :

Moi : « té-ma la meuf elle est enceinte et elle picole! j’en reviens pas! »
Ma pote : « Non t’es sure? »
Moi : « Mais ouai t’as vu son bide? C’est pas un bide de grosse, ni de constipée ça!
Ma pote : « Putain ça craint! »

… un peu plus tard dans la soiree, quand « la meuf », un peu, beaucoup, pétée, vient me parler…

La meuf : « oh lala j ai choisi la mauvaise jupe ce soir car j’ai mes regles mon ventre est gonflé et tout l monde me félicite pour ma grossesse! Relou quoi!
Moi : « Ben ouai les gens tu sais… mais effectivement maintenant qu’ tu l’dis ta jupe est plutot cheum:S« 

boire

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Oh it’s such a perfect day…

lourperf

Just a perfect day
drink Sangria in the park
And then later
when it gets dark, we go home

Just a perfect day
feed animals in the zoo
Then later
a movie, too, and then home

Oh, it’s such a perfect day
I’m glad I spend it with you
Oh, such a perfect day
You just keep me hanging on
You just keep me hanging on

Just a perfect day
problems all left alone
Weekenders on our own
it’s such fun

Just a perfect day
you made me forget myself
I thought I was
someone else, someone good

Oh, it’s such a perfect day
I’m glad I spent it with you
Oh, such a perfect day
You just keep me hanging on
You just keep me hanging on

You’re going to reap just what you sow
You’re going to reap just what you sow
You’re going to reap just what you sow
You’re going to reap just what you sow

 

*Simple as that… Happiness comes from simple things.
Quand tu te retrouves à faire avec ta moitié des choses basiques, mais qui te laissent une impression d’avoir fait des choses extraordinaires, des choses qui te transcendent, qui t’apaisent et t’excitent en meme temps. Des choses qui te font te sentir meilleur, invincible… C’est simplement etre heureux. Simplement etre bien. Simplement vivre.

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Les coquelicots

Sarah courait déjà depuis un bon moment dans ce champ de coquelicots. Elle ne voyait plus ses frères.
Aveuglée par le soleil aride d’Alger, elle avait du mal à les rattraper.

« J’aurais du rester avec Saliha » maugréa-t-elle.

Sa robe de coton, trop grande et bien trop usée lui donna soudain un coup de chaud. Elle décida de s’arreter, là, au milieu des fleurs.
Ses coquelicots elle les aimait. C’etait son jardin secret de petite fille de dix ans.

Quand leur père etait rentré pour dejeuner, il avait piqué une colère noire contre Lyès. Armé de sa ceinture, il se dirigeait vers ce dernier quand Aziz s’etait interposé.

Il était l’ainé et du haut de ses treize ans, il pensait devoir subir toutes les punitions, justifiées ou non, à la place de ses frères et sœurs.

Cet acte de bravoure ne plaisait guère au patriarche qui voyait la dedans une forme de rébéllion et d’insolence.
Cela ne le contraria que d’avantage. Il s’en donna à coeur joie contre Aziz et Lyès. Les deux garçons retenaient leurs larmes au maximum pour ne pas excéder leur père.

Devant cette scène de violence, les deux petites soeurs s’etaient mises à pleurer. Saliha, la plus agée, tenait fermement sa soeur par la main. Il ne fallait pas bouger pour ne pas attirer l’attention. Elles auraient pu s’enfuir ou monter dans leur chambre. La peur et le choc les petrifiaient.

Abderrahman Deb était un bon fonctionnaire de l’ Algerie Française. Il conduisait des bus. Son poste etait jalousé et critiqué par certains « autochtones » du quartier. Il n’en avait que faire.

« Les Français, moi, ils ne m’ont rien fait! Toutes les semaines ils me payent un salaire et ça me va tres bien! »

C’etait un homme très intelligent, il avait été à l’ecole jusqu’à quatorze ans et avait reussi à se trouver « une place au soleil » comme disait les voisins. On le craignait beaucoup. Il etait sans pitié et on plaignait ses enfants qui subissaient son autorité quasi militaire et son manque total d’empathie et d’amour.

« Les enfants sont là pour obéir et servir leur père ».

Ce matin là Lyès etait de corvée de courses. Il n’avait malheureusement pas ramené, à temps, le poisson du marché afin que sa belle mere puisse le servir au dejeuner.

« Mais papa je te promets il y avait la queue, tout le monde voulait du poisson ce matin. J’ai fait au plus vite je te jure… »

M Deb ne supportait pas qu’on lui mente. Evidemment, il pensait que tout le monde lui mentait, il n’avait confiance en personne. Aussi il faisait usage presque tous les jours de sa fidèle ceinture de cuir.

Pour une fois la correction avait été de courte durée, le père devant retourner travailler. Les quatre enfants le voyant s’éloigner en direction de sa chambre, avaient pris la poudre d’escampette vers le terrain vague.

Ils n’avaient pas le droit d’y aller car il fallait traverser un chemin de fer jugé trop dangereux par leur pere.
Sarah n’aimait pas spécialement ce terrain vague. Il y avait beaucoup trop de gamins encore plus pauvres qu’elle, qui fumaient des cigarettes roulées et jouaient avec de la féraille rouillée.

Elle avait suivit ses freres pour ce champ de fleur qui se situait un peu avant le chemin de fer.

La mère des enfants était morte quand Sarah n’était encore agée que de cinq ans. Cette derniere n’avait pas beaucoup de souvenir d’elle. Ce qui lui manquait c’etait l’odeur maternelle.
Le père n’avait absolument rien gardé de Zohra sa premiere femme. Surtout lors de son remariage l’année suivante. Il fallait faire place à la « nouvelle maman ». C’etait comme si Zohra n’avait jamais existé. Il n’y avait aucune photo, aucun vetement, aucune odeur. Sarah s’etait au fil des années inventée des souvenirs. elle avait ainsi decidé que sa maman ne pouvait sentir que le coquelicot. Sa delicatesse, sa fragilité et son parfum correspondaient à l’image qu’elle voulait avoir de sa mère.

S’allonger dans ce champ c’etait un peu comme se blottir dans les bras de sa mere. Elle ne visualisait plus son visage mais elle sentait son odeur. Après chaque correction du père, elle éprouvait le besoin de s’y rendre pour oublier et rever.

A dix ans elle avait trouvé refuge dans son monde imaginaire et vivait son enfance aussi pleinement qu’elle le pouvait.

 

coquelicot

 

 

 

 

 

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